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Justice

Soupçonnée d’avoir secoué un bébé de 16 mois, une assistante maternelle risque deux ans de prison

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Une assistante maternelle de 55 ans comparaissait mardi 13 octobre 2026 devant le tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon, en Vendée, pour des violences présumées sur une enfant de seize mois dont elle avait la garde. Les faits remontent au 14 mai 2024, dans une commune du nord-est du département. Hospitalisée en réanimation pédiatrique, la petite fille conserve des séquelles importantes. À l’audience, la prévenue a contesté avoir secoué l’enfant. Le parquet a requis deux ans de prison avec sursis et une interdiction définitive d’exercer sa profession. Le jugement sera rendu le 23 novembre.

Une enfant de 16 mois hospitalisée en réanimation

Le 14 mai 2024, en début d’après-midi, une assistante maternelle contacte la mère d’une petite fille de seize mois pour lui signaler que son enfant rencontre un problème de santé. À son arrivée, la mère prend conscience de la gravité de la situation et appelle immédiatement les pompiers. L’enfant est transportée au centre hospitalier universitaire d’Angers, où elle est admise en réanimation pédiatrique. Dès le lendemain, un signalement est adressé au procureur de la République. L’expertise médico-légale fait état d’un traumatisme de forte intensité impliquant l’intervention d’un tiers, sans exclure l’hypothèse d’un secouement. Une enquête judiciaire est alors engagée pour déterminer les circonstances des blessures.

Plusieurs explications données par l’assistante maternelle

Lors de son procès, le 13 octobre 2026, la femme de 55 ans, qui exerce le métier d’assistante maternelle depuis 25 ans, nie avoir secoué l’enfant. Au cours de la procédure, plusieurs explications ont été évoquées pour justifier les blessures, notamment un choc contre une table du salon pendant un jeu avec un autre enfant ou un mouvement de la tête vers l’arrière lors d’un changement de couche. Interrogée par la présidente de l’audience, Isabelle Jubineau, sur ces différentes versions, la prévenue explique avoir paniqué en découvrant l’enfant au sol. La magistrate lui demande également pourquoi elle n’a pas immédiatement contacté les secours. L’assistante maternelle affirme avoir été dépassée par la situation, alors que la petite fille pleurait et présentait des symptômes inquiétants.

Des séquelles importantes pour la petite fille

Plus de deux ans après les faits, l’enfant conserve des séquelles, notamment au bras gauche. Une nouvelle intervention chirurgicale est prévue lorsqu’elle aura six ans. Les conséquences de cet événement dépassent également le cadre médical. À l’audience, le père a évoqué le bouleversement subi par sa famille, expliquant que l’équilibre familial avait été profondément affecté. Les parents de la petite fille se sont depuis séparés. Leur avocate a dénoncé le délai écoulé avant l’appel aux secours et reproché à la prévenue de ne pas reconnaître sa responsabilité. La partie civile réclame plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts, auxquels s’ajoutent les questions relatives aux frais médicaux.

Deux ans de prison avec sursis requis

Pour la procureure de la République, Fiammetta Esposito, les différentes explications avancées au cours de la procédure soulèvent des interrogations sur le déroulement des faits. Elle estime que, dans l’hypothèse d’un secouement, celui-ci ne pourrait être considéré comme involontaire. Le ministère public a requis une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis, accompagnée d’une interdiction définitive d’exercer la profession d’assistante maternelle. Une sanction particulièrement lourde pour la prévenue, qui travaille dans la petite enfance depuis un quart de siècle.

La défense conteste les accusations, jugement le 23 novembre

L’avocate de la défense a contesté l’analyse du parquet, affirmant notamment qu’il n’y avait pas eu de multiples versions des faits. Elle a défendu une interprétation différente du dossier, tandis que sa cliente a répété, en pleurs, qu’elle n’avait pas secoué l’enfant. Poursuivie pour des violences ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours sur une mineure de moins de quinze ans par une personne ayant autorité, l’assistante maternelle reste présumée innocente tant qu’aucune décision définitive n’a établi sa culpabilité. À l’issue de l’audience, le tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon a mis son jugement en délibéré. La décision doit être rendue le 23 novembre 2026.

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