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Justice

Un homme condamné pour proxénétisme aggravé dans l’Ouest

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Lundi 31 mars, le tribunal de La Roche-sur-Yon a prononcé une peine de cinq ans de prison ferme à l’encontre d’un ressortissant chinois de 42 ans. Il était jugé pour avoir organisé un réseau de prostitution impliquant 21 femmes asiatiques dans plusieurs villes du Grand Ouest.

Un réseau couvrant plusieurs villes
Selon Actu.fr, l’enquête a mis en évidence un système bien rodé, s’étendant de Brest à Poitiers, en passant par Rennes, Angers, Tours et plusieurs villes vendéennes, dont La Roche-sur-Yon et Les Sables-d’Olonne. Selon le procureur, l’accusé « gérait un pool de femmes dans tout le Grand Ouest ».

Les investigations ont révélé que l’homme, installé en Espagne depuis une vingtaine d’années, utilisait son titre de séjour français pour louer des logements de courte durée, notamment via Airbnb, au profit de femmes en situation précaire, sans ressources ni papiers.

Son activité était méticuleusement organisée : des relevés téléphoniques, des factures de péage et des photos démontrent qu’il parcourait de longues distances pour assurer le fonctionnement du réseau. En deux mois, il aurait parcouru 20 000 kilomètres. « Certains jours, je pouvais rouler entre 800 et 1 000 kilomètres », a-t-il admis par l’intermédiaire d’un interprète.

Un signalement qui déclenche l’enquête
L’affaire a éclaté le 24 mars dernier, lorsqu’un propriétaire d’appartement, situé à proximité du commissariat de La Roche-sur-Yon, a alerté la police. Après avoir loué son bien via Booking.com, il avait remarqué d’importants allers et venues, évoquant une possible activité de prostitution.

Une surveillance a été mise en place. Les forces de l’ordre ont observé le suspect quittant l’appartement juste avant l’arrivée d’un client, puis revenant après son départ. Ce schéma s’est répété à plusieurs reprises au cours des jours suivants.

Interrogés, deux clients ont reconnu avoir payé entre 60 et 100 euros pour des relations sexuelles avec « une femme d’origine asiatique ». Une perquisition du véhicule du prévenu a permis de retrouver des éléments accréditant son implication : des annonces publiées sur le site Sexmodel, une ligne téléphonique espagnole en contact avec 1 300 correspondants, ainsi que des sommes d’argent en liquide dissimulées dans un sac de riz et une boîte à œufs.

Une défense fragile
Devant le tribunal, l’homme a nié toute implication dans un réseau structuré. Il a affirmé ne pas savoir que sa « compagne » se prostituait. « Je pensais qu’elle était masseuse », a-t-il déclaré. Il reconnaît avoir transporté des femmes et récupéré des clés de logements, mais soutient ne pas avoir eu connaissance de leur activité.

Sur les 4 200 euros retrouvés en sa possession, il explique que 600 euros lui ont été confiés par la femme pour des raisons de sécurité et que le reste provient de son travail en Espagne. Quant aux annonces découvertes sur son téléphone, il assure avoir cherché à vérifier l’activité de sa prétendue compagne « par curiosité ».

De son côté, la femme en question a admis se prostituer, expliquant qu’elle versait une commission au prévenu en échange d’un logement, d’une clientèle et d’une « protection ». Elle a cependant nié toute relation sentimentale avec lui.

Une qualification de traite d’êtres humains
Pour la procureure, il ne fait aucun doute que l’affaire relève de la traite d’êtres humains. Elle décrit des femmes « privées de liberté et de dignité », contraintes de se déplacer de ville en ville, hébergées dans des logements temporaires et soumises à un contrôle strict de leurs revenus.

L’une des prostituées identifiées à La Roche-sur-Yon a même confié ne pas savoir dans quelle ville elle se trouvait.

« Les messages retrouvés prouvent qu’il organisait l’activité, contrôlait les comptes et collectait les fonds », a insisté la magistrate. Les enquêteurs estiment que cette exploitation aurait généré environ 53 000 euros en quelques mois.

Une condamnation sans appel
L’avocate du prévenu a tenté de minimiser l’affaire, arguant que louer un appartement à 100 mètres d’un commissariat ne relevait pas d’un « réseau structuré » mais plutôt d’un « amateurisme maladroit ». Elle a également souligné que son client n’avait jamais encaissé directement les revenus des prostituées.

Des arguments balayés par le tribunal, qui l’a reconnu coupable et condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende de 25 000 euros. Il écope également d’une interdiction du territoire français et du port d’armes pour une durée de dix ans.

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